Vu de loin

L’exposition Vu de loin s’inscrit dans la programmation culturelle menée aux Archives municipales en connexion avec l’exposition consacrée aux cartes et plans d’Avignon en 2011 (Avignon – Cartes et Plans – XVIe-XXIe) et celle dédiée au portrait en 2015 (Connus et Inconnus – Portraits).

L’exposition Vu de loin prend place en extérieur, sur les murs du bâtiment (cour intérieure, rue Saluces, rue du Mont-de-piété et rue de la Croix).

Elle se décline en 47 panneaux. En tout, ce sont plus de 70 documents iconographiques qui sont présentés au public.

Reproductions de photographies, cartes postales, œuvres du XVIe au XXIe siècle ponctuent ainsi le parcours du visiteur. Cette forme d’exposition qui investit la rue, l’espace urbain, l’extérieur, exprime la volonté d’un dialogue entre les Archives municipales, la mémoire et le public. Grâce à l’iconographie dévoilée, cette exposition permet de se perdre – et de se retrouver – dans les dédales de la vieille ville, de contempler la cité depuis le ciel, de se pencher sur les mutations de ses quartiers, de prendre distance et hauteur de vue !

Une ville comme Avignon, au centre ancien particulièrement sinueux et resserré, suscite le désir d’une représentation qui s’émancipe quelque peu – ou pleinement – de notre condition de «terrien arpenteur».

Observer la ville, ses permanences et ses métamorphoses avec hauteur et largeur de vue est l’ambition de l’exposition Vu de loin. Voir Avignon de loin, c’est créer une distance avec la cité pour mieux la lire et tenter de la comprendre.

Depuis les premières représentations de la ville d’Avignon, les auteurs, peintres et photographes, qu’ils répondent à une commande ou non, ont recherché des perspectives dégagées et des points de vues surélevés permettant d’embrasser du regard un panorama large : berges du Rhône, pentes de Villeneuve-lès-Avignon, promontoire du Rocher des Doms, tours du Palais des papes, clochers, beffrois, immeubles hauts, toits, etc.

La photographie d’un panorama joue avant tout un rôle de valorisation visuelle d’un patrimoine paysager perçu comme intemporel. La quête du point de vue idéal, magnifiant, l’approche artistique du sujet et la récurrence de certains angles de vue à travers les siècles en témoignent. La photographie d’un panorama joue également un rôle éminemment documentaire en permettant d’enregistrer et d’observer les mutations du territoire.

Avec la concrétisation du rêve d’Icare à la fin du XVIIIe siècle, les possibilités de voir d’en haut et de loin enrichissent les prismes de représentation des villes. Dès le milieu du XIXe siècle, des dispositifs de prise de vue aérienne photographique sont mis au point et donnent lieu, à partir du XXe siècle, à des campagnes nationales et locales de photographies depuis le ciel.

Si elle permet une meilleure cartographie du territoire, la photographie aérienne traduit peut-être aussi le désir de s’affranchir du corps comme point d’ancrage de la vision. La vue d’en haut bouscule les repères dans le paysage urbain et écrase les perspectives et les reliefs jusqu’à esthétiser certains paysages.

Les fonds iconographiques conservés aux Archives municipales d’Avignon comptent de nombreux panoramas, grands angles et vues du ciel qui sont autant d’éléments documentant les évolutions de l’espace vécu, la conquête de la ville sur la campagne, les mutations des paysages, la structuration du territoire par les axes routiers, ferroviaires et fluviaux, mais aussi sur les permanences de certaines représentations.

À l’heure des drones, petits appareils volants agiles, et de Google Earth, on peut s’attendre à collecter des documents photographiques d’un nouveau genre, réalisés de loin, qui diversifieront encore l’approche du paysage et requestionneront les perspectives sur l’espace urbain.

Archives Municipales
6 rue Saluces – 84000 Avignon
16 sept. 2017 –> 12 sept. 2018.
Lundi 10h-12h/13h30-17h
Du mardi au vendredi 8h30-12h/13h30-17h
Une partie de l’exposition est visible 7j/7 et 24h/24 (côté rue)
GRATUIT